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Instants de vie menduphine

Le village de Boulay et ses douaniers

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Boulay

Le village de Boulay, près des marais de Quifistre est le seul village de la commune.

Michel Niget, originaire du village, né en 1929 habite toujours dans la demeure familiale, cette maison de 1840, appartenait déjà à son arrière grand-père. C’est dire si l’histoire du village il connait.

Boulay a toujours été un village très peuplé, jusqu’à 200 habitants, du fait de la présence d’exploitants agricoles, de paludiers et surtout des douaniers et gendarmes qui au début du XXème siècle, assuraient la surveillance des marais.

Cette charge se transmettait de père en fils et revenait au fils aîné.
Pendant la période du sel, les douaniers étaient jours et nuits dans les marais, les bateaux ne quittaient pas l’étier de la Barre sans avoir été minutieusement contrôlé.

Il y avait aussi des commerces, 2 épiceries et 3 bistrots. Michel se souvient des parties de palets, près du puits chez Paulette et la journée se terminait au café Chez Mélanie.

Aujourd’hui plus de douaniers, la saliculture est prédominante et pour les paludiers plus de soucis de contrôles, ni de gabelle.

Source :Mémoire collective : Monsieur Michel Niget

L’affaire de la croix de Trébrezan (1958)

L’histoire commence le 28 avril 1958.

A l’époque, la croix de Trébrezan (monolithe de granit, non daté, sculpté dans un menhir), est située sur une petite parcelle du domaine public « annexée » fortuitement à l’exploitation agricole voisine propriété des enfants FERRE orphelins de père.

Le colonel PICHELIN, de Guérande, souhaitant à l’occasion de l’élargissement d’un carrefour de ses propriétés remplacer la croix existante par celle de Trébrezan (« en déshérence » lui semble-t-il), s’adresse à Monsieur DAVID tuteur des enfants (propriétaires supposés) qui accepte de lui céder. En contrepartie Monsieur PICHELIN verse 10.000 Fr à la veuve FERRE.

Le 28 avril 1958, sans en avertir la municipalité, il transporte ladite croix sur sa propriété située au croisement des routes de St André des Eaux et Lessac à Guérande.

Les habitants de Trébrezan surpris et indignés de cette disparition se manifestent, après recherches, auprès de la mairie. Messieurs Auguste NIGET, maire, et Pierre LUBERT son adjoint se rendent à Lessac le dimanche 18 mai 1958, et demandent au colonel la restitution du calvaire. Ce dernier s’y refuse fermement et Monsieur LUBERT de conclure : « Dans ces conditions, nous reviendrons et nous reprendrons notre croix ».

Le mardi 20 mai, à la nuit fermée, un commando, formé de treize mendulphins déterminés (dont le curé Diot, l’adjoint au maire boulanger de son métier, et l’instituteur), prend la route avec deux véhicules vers Lessac pour récupérer la croix. Sans bris de clôture et après l’avoir descellée, ils la chargent dans la camionnette du boulanger (anecdote : ils avaient semé de la farine tout au long du chemin). Ils regagnent un peu avant minuit St Molf où elle est déposée provisoirement en mairie.

Le mercredi 21 mai, Monsieur PICHELIN porte plainte pour vol à la gendarmerie de Guérande et alerte la presse. Une multitude de rebondissements s’ensuit :

  • Les chroniqueurs locaux s’emparent de l’affaire, des articles controversés paraissent dans les journaux,
  • 22 juin 1958 « le Conseil municipal décide que la croix de Trébrezan sera réédifiée au village de ce nom » (délibération de conseil municipal),
  • 03 juillet 1958 la réédification du calvaire est effective sur un tertre communal au cœur du village de Trébrezan,
  • 5 juillet 1958 le colonel PICHELIN assigne en référés des membres du commando mendulphin devant le tribunal civil de St Nazaire, et demande la mise sous séquestre de la croix,
  • 06 juillet le curé DIOT bénit le calvaire solennellement réinstallé,la cérémonie revêt alors un caractère exceptionnel devant une assistance nombreuse et fervente, Madame veuve COUE chante « La Passion » au pied de la croix,
  • 07 octobre 1958 le tribunal civil se déclare incompétent,
  • 17 octobre 1958 l’affaire est portée au tribunal correctionnel de St Nazaire où les treize prévenus mendulphins réclament les assises.
  • des envoyés spéciaux nationaux couvrent l’actualité dans la presse et sur les ondes (France soir, Le Figaro, Europe N° 1)
  • Le colonel PICHELIN, requérant, se désiste quelques heures avant l’audience (pour éviter les assises ou convaincu qu’une nouvelle fois le tribunal se déclarerait incompétent à juger cette affaire ?)

L’affaire semble trouver son épilogue !

  • 13 décembre 1958, rebondissement ! Retour au tribunal civil de St Nazaire … le colonel PICHELIN et la fraierie*de la Dhuine réclament 300.00 francs de dommages et intérêts Mais la commune intervient pour revendiquer officiellement la propriété de la croix. Cette dernière doit donc réunir les documents nécessaires pour prouver sa propriété.
  • Un mémoire en date du 10 janvier 1959 permet d’apporter ces éléments.
  • Le 17 janvier 1959, « le conseil municipal estime que la commune de Saint-Molf est juridiquement fondée à revendiquer à l’encontre de tout particulier la propriété de la croix de Trébrezan, qu’elle considère comme un monument public érigé dans une parcelle qui n’a jamais été frappée de déclassement par aucun acte administratif » (délibération de conseil municipal).
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La croix de Trébrezan

Depuis, la croix mendulphine trône dans le cœur du village, dans un environnement parfaitement entretenu où les habitants du village aiment à se retrouver annuellement pour la fête du village.

*La fraierie est un groupe de quelques personnes qu’anime un but de piété, comme par exemple dans ce cas l’entretien de certains monuments ou édifices religieux.

Sources : Délibérations de Conseil Municipal, Mémoire du 10/01/1958, lettres officielles, coupures de presse d’époque

Brohogand, ses puits et ses kermesses

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Fontaine St Venant

La fontaine Saint Venant

Le puits de la fontaine Saint Venant a été creusé en 1861 lors d’une sècheresse exceptionnelle sous la direction du curé Biré qui avait désigné l’emplacement exact en y posant la relique de St Venant après avoir prié ce saint. Ce puits a toujours donné de l’eau en abondance et est encore utilisé de nos jours, notamment par certains agriculteurs pour abreuver leur bétail.

La fontaine Saint Venant devait être détruite au temps du remembrement mais le père André Guillon s’opposa à cette destruction.

Le puits du centre du village

A la fin des années 50, afin d’avoir accès plus facilement à l’eau, les habitants de Brohogand creusèrent un nouveau puits au milieu du village, sur une parcelle appartenant en commun aux gens du village. Cela leur prenait tout leur temps le soir après leur travail.

Ils travaillaient dans la bonne humeur et au bout d’environ 1 an de patience, de sueur et de dure corvée, le puits, creusé par paliers, atteint une profondeur de 14 mètres. Les conditions étaient difficiles, les moyens de sécurité quasiment inexistants mais heureusement, il n’y eu pas d’accident.

Cependant, à la fin des travaux, mauvaise surprise, il s’est bien rempli d’environ 7 mètres d’eau mais elle s’est révélée saumâtre (comme le puits de Boulay). Ce puits fût donc abandonné.

Il reste encore visible au centre du village, bien abrité sous un cyprès de Lambert et colonisé par du lierre.

La kermesse

Dans les années 50, la kermesse de l’école du village s’est tenue pendant plusieurs années à l’ancienne Cure, autrefois appelé "Manoir de la Duchesse" (en relation avec la Duchesse Jeanne de Bretagne). Cette propriété pleine de caractère et de charme avec ses arbres centenaires et son étang est chargée d’histoire, il paraitrait même que la Duchesse y ait passé une nuit.

Source : mémoire collective : Monsieur Michel BERTHO

Kerhudal cache l’Abbé LEGUEN durant la révolution

La révolution fut bien accueillie à St Molf. Le curé fut élu adjoint au Maire. Le 14 juillet 1790, lors de la fête de la Fédération, les privilèges furent abolis. Mais, l’Abbé Le Guen, Mendulphin d’origine, né le 10 juillet 1755 à Brohogand, vicaire à Batz-sur-Mer, refusant de prêter serment de fidélité à la constitution, rentra dans la clandestinité.

Il fût caché par la population mendulphine entre autres, dans différents lieux de la commune, dont à Kerhudal (dans un réduit construit dans la double-cloison d’une habitation) où on érigera une croix votive en sa mémoire.

Cette croix est toujours visible si on la cherche bien derrière une haie à droite un peu avant le premier carrefour en venant de la route de Guérande.

Source : « Saint-Molf au fil du temps »

Kermoisan, un lieu de légende … ou d’histoire !

"Une jeune fille aurait fauté et attendu un enfant sans que personne ne s’en doute. A la naissance, elle jeta le bébé dans la « soue » à cochons.Le père de la jeune fille, en allant porter de la nourriture aux gorets, trouva la truie protégeant le bébé qui pleurait. Le père pardonna à sa fille et éleva l’enfant. Il fit dresser une croix en signe de reconnaissance".

Cette croix aussi appelée "Croix du Bois Lilas" ou "Croix Marchand" fût bénite lors de la procession des rogations en 1882.

En juillet 2002 cette croix a été brisée et partiellement volée. Mais grâce à la générosité de deux donatrices d’origine mendulphine elle a pu être remise en état.

La municipalité de l’époque a nettoyé le site, remis le socle en état et à fait poser une croix aussi semblable que possible à la croix d’origine.

Les habitants de Kermoisan on complété cette restauration en installant une statuette de la Vierge dans la niche, ainsi qu’un solide grillage antivol.

Source : « Saint-Molf au fil du temps » et Monsieur Yves BERTHO

Les vignes mendulphines

Certains des propriétaires de terrain ont perdu leurs vignes, suite au remembrement en 1972. Avant cela, il y avait plusieurs vignes sur la commune comme sur Ile de Languernais, ou l’on trouvait plusieurs propriétaires.

A Brohogand, cela se passait chez M. NICOLAS qui possédait un pressoir. Aujourd’hui, il n’y a plus de vigne dans ce hameau, la dernière, qui a été arrachée il y a deux ans, est maintenant remplacée par un champ de maïs.

A Kerbiquet chez Raymond MAGRE jusque dans les années 90, l’organisation était immuable.
Raymond contactait entre 12 et 15 personnes pour le ramassage du raisin, environ 1 000 m2 de vignes. La journée démarrait par le café ou le verre de l’amitié. Chaque personne présente apportait un panier ou un seau pour y récolter le raisin. Une fois les paniers remplis, une autre se chargeait de les déverser dans les tonneaux positionnés sur une charrette tirée par un cheval.
Raymond chaussait alors ses bottes, montait dans les tonneaux et foulait le raisin jusqu’à obtention du jus. Le mélange rejoignait ensuite le pressoir, sur lequel s’empilaient successivement, sur environ quatre-vingt centimètre, couches de paille et couches de raisin. Au-dessus étaient superposés des bois croisés, puis la presse qui actionnée permettait d’extraire le jus.
La récolte se faisait sur une demi-journée, le casse- croûte était offert par le propriétaire.
La récolte était d’environ trois barriques de 200 litres. Raymond, soutenait sa troupe avec son accordéon et en chanson : « Il était beau le complet gris, que ce jour là, il avait mis …. ».
Quinze jours après, nos vendangeurs revenaient pour la dégustation du vin nouveau.

Source : mémoire collective : Paul LEGOUIC

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