Mairie de Saint-Molf

Menu
Le Bois Pierrot sous la brume
Le marché de Saint-Molf
Les pêcheries du Mès
Un automne au Bois Pierrot
Rue de l’Océan
Chapelle Saint-Germain
Bienvenue à Saint-Molf
Les marais salants
repère Accueil > Découvrir > Patrimoine Culture Histoire > L’affaire de la croix de Trébrezan (...)

Instants de vie menduphine

L’affaire de la croix de Trébrezan (1958)

L’histoire commence le 28 avril 1958.

A l’époque, la croix de Trébrezan (monolithe de granit, non daté, sculpté dans un menhir), est située sur une petite parcelle du domaine public « annexée » fortuitement à l’exploitation agricole voisine propriété des enfants FERRE orphelins de père.

Le colonel PICHELIN, de Guérande, souhaitant à l’occasion de l’élargissement d’un carrefour de ses propriétés remplacer la croix existante par celle de Trébrezan (« en déshérence » lui semble-t-il), s’adresse à Monsieur DAVID tuteur des enfants (propriétaires supposés) qui accepte de lui céder. En contrepartie Monsieur PICHELIN verse 10.000 Fr à la veuve FERRE.

Le 28 avril 1958, sans en avertir la municipalité, il transporte ladite croix sur sa propriété située au croisement des routes de St André des Eaux et Lessac à Guérande.

Les habitants de Trébrezan surpris et indignés de cette disparition se manifestent, après recherches, auprès de la mairie. Messieurs Auguste NIGET, maire, et Pierre LUBERT son adjoint se rendent à Lessac le dimanche 18 mai 1958, et demandent au colonel la restitution du calvaire. Ce dernier s’y refuse fermement et Monsieur LUBERT de conclure : « Dans ces conditions, nous reviendrons et nous reprendrons notre croix ».

Le mardi 20 mai, à la nuit fermée, un commando, formé de treize mendulphins déterminés (dont le curé Diot, l’adjoint au maire boulanger de son métier, et l’instituteur), prend la route avec deux véhicules vers Lessac pour récupérer la croix. Sans bris de clôture et après l’avoir descellée, ils la chargent dans la camionnette du boulanger (anecdote : ils avaient semé de la farine tout au long du chemin). Ils regagnent un peu avant minuit St Molf où elle est déposée provisoirement en mairie.

Le mercredi 21 mai, Monsieur PICHELIN porte plainte pour vol à la gendarmerie de Guérande et alerte la presse. Une multitude de rebondissements s’ensuit :

  • Les chroniqueurs locaux s’emparent de l’affaire, des articles controversés paraissent dans les journaux,
  • 22 juin 1958 « le Conseil municipal décide que la croix de Trébrezan sera réédifiée au village de ce nom » (délibération de conseil municipal),
  • 03 juillet 1958 la réédification du calvaire est effective sur un tertre communal au cœur du village de Trébrezan,
  • 5 juillet 1958 le colonel PICHELIN assigne en référés des membres du commando mendulphin devant le tribunal civil de St Nazaire, et demande la mise sous séquestre de la croix,
  • 06 juillet le curé DIOT bénit le calvaire solennellement réinstallé,la cérémonie revêt alors un caractère exceptionnel devant une assistance nombreuse et fervente, Madame veuve COUE chante « La Passion » au pied de la croix,
  • 07 octobre 1958 le tribunal civil se déclare incompétent,
  • 17 octobre 1958 l’affaire est portée au tribunal correctionnel de St Nazaire où les treize prévenus mendulphins réclament les assises.
  • des envoyés spéciaux nationaux couvrent l’actualité dans la presse et sur les ondes (France soir, Le Figaro, Europe N° 1)
  • Le colonel PICHELIN, requérant, se désiste quelques heures avant l’audience (pour éviter les assises ou convaincu qu’une nouvelle fois le tribunal se déclarerait incompétent à juger cette affaire ?)

L’affaire semble trouver son épilogue !

  • 13 décembre 1958, rebondissement ! Retour au tribunal civil de St Nazaire … le colonel PICHELIN et la fraierie*de la Dhuine réclament 300.00 francs de dommages et intérêts Mais la commune intervient pour revendiquer officiellement la propriété de la croix. Cette dernière doit donc réunir les documents nécessaires pour prouver sa propriété.
  • Un mémoire en date du 10 janvier 1959 permet d’apporter ces éléments.
  • Le 17 janvier 1959, « le conseil municipal estime que la commune de Saint-Molf est juridiquement fondée à revendiquer à l’encontre de tout particulier la propriété de la croix de Trébrezan, qu’elle considère comme un monument public érigé dans une parcelle qui n’a jamais été frappée de déclassement par aucun acte administratif » (délibération de conseil municipal).
JPEG - 62.7 ko
La croix de Trébrezan

Depuis, la croix mendulphine trône dans le cœur du village, dans un environnement parfaitement entretenu où les habitants du village aiment à se retrouver annuellement pour la fête du village.

*La fraierie est un groupe de quelques personnes qu’anime un but de piété, comme par exemple dans ce cas l’entretien de certains monuments ou édifices religieux.

Sources : Délibérations de Conseil Municipal, Mémoire du 10/01/1958, lettres officielles, coupures de presse d’époque

Saint-Molf en images

Les autres acteurs du territoire

Cap-Atlantique Parc naturel de Brière Transport régional Département Loire-Atlantique Région des Pays de la Loire La Poste