Nos amis les chiens
Les beaux jours sont de retour et avec eux les activités de plein air, y compris celles que nous partageons avec nos animaux de compagnie et en particulier nos chiens. Suite à un incident qui s’est déroulé au début du mois d’avril sur notre commune, il parait opportun de revenir sur quelques informations et règles tacites de savoir-vivre afin que nos chiens puissent évoluer à nos côtés en respectant tout à chacun.
Que nous dit la loi ?
- Un chien détaché est un chien qui reste dans la limite maximum des 100 mètres autour de ses maîtres et sous contrôle de ceux-ci (à la voix ou au sifflet notamment) ainsi que nous l’indique le code rural dans son article L211-23. Au-delà de cette limite (et sans tentatives de récupération particulière de la part du maître), le chien est considéré comme étant en divagation. Ce qui est une infraction punie par la loi.
- Le Code civil quant à lui nous rappelle, dans son article 1243 (1385 ancien), que le « propriétaire d’un animal (…) est responsable du dommage que l’animal a causé, soit que l’animal fût sous sa garde, soit qu’il fût échappé ou égaré ».
Il existe également des règlements plus locaux, allant de chaque préfecture, à chaque mairie en passant par des sites répondant à des règles particulières. Il appartient à chaque maître de s’informer et de respecter ces réglementations. Mais au-delà des textes écrits, il existe aussi de bonnes pratiques et réflexes qui permettent de partager nos beaux territoires avec chacun, qu’il soit maître de chien ou non.

Quelles règles tacites facilitent les interactions entre notre chien et le monde extérieur ?
La plupart des maîtres respectent déjà ces règles de politesse et de respect de façon large, mais les préciser peut peut-être pousser ceux qui ne les connaissent pas déjà à les pratiquer :
Je détache mon chien s’il a un rappel et des codes suffisamment précis et maîtrisés pour pouvoir lui faire confiance. Si ce n’est pas le cas, je m’équipe d’une longe pour maintenir mon chien et son environnement direct en sécurité, ce qui me permet également de travailler ces commandes (« viens », « stop », etc.) encore floues.
Pourquoi ?
- Parce qu’un chien sans rappel est source d’accidents pour les humains comme pour les autres animaux qui l’entourent : chiens, chats, chevaux (avec ou sans cavaliers), vaches, moutons, faune sauvage, …
- Parce que certains environnements de notre commune sont fragiles et doivent être préservés comme nos marais salants.
- Parce que l’entourage direct d’un maître n’a pas à subir la présence de son chien d’autant plus lorsqu’il s’agit d’inconnus lors d’une promenade par exemple.
Je rappelle mon chien détaché lorsque je m’apprête à croiser un promeneur, un joggeur, un cycliste, un autre maître et son chien… Et, en dehors d’un chien détenant un niveau d’éducation avancé (ce qui ne représente pas la grande majorité), je n’hésite pas à le rattacher.
Pourquoi ?
- Parce que penser maîtriser les réactions de son chien à 100% est illusoire : nous travaillons ici avec du vivant, il est donc normal que l’aléa demeure. C’est notre responsabilité en tant que maître de nous assurer de la réussite de notre animal.
- Parce que beaucoup de gens/enfants ont peur des chiens et n’auront ni le temps, ni l’envie de l’expliquer au maître au moment du croisement.
- Parce que certains chiens et maîtres ne souhaitent pas de contact (pour de très bonnes raisons : chien peureux, réactif, en convalescence, souffrant d’une pathologie articulaire comme l’arthrose, chienne en chaleurs, etc…).
Je gère l’instinct de prédation de mon chien et si j’ai un doute je m’équipe (encore une fois) d’une longe afin de pouvoir me promener sereinement sans frustrer mon chien par l’utilisation d’une laisse courte, mais sans le laisser accéder aux animaux de ferme ni à leurs pâtures.
Pourquoi ?
- Parce que certains chiens présentent un instinct de prédation fort et que s’il est possible de travailler le sujet, cela demande du temps et de la persévérance avant qu’un contrôle fiable puisse voir le jour.
- Parce qu’une vache gestante qui ingère une déjection de chien se trouvant dans son champ avortera de son veau dans 15 à 20% des cas, et elle peut ne pas s’en relever. C’est que l’on appelle la Néosporose bovine dont la seule cause est un parasite hébergé notamment par nos chiens (et les renards) et que l’on retrouve dans leurs excréments.
- Parce que la prédation des chiens n’a pas toujours lieu sur des animaux sauvages ou de ferme et que sans rappel en béton armé il est très difficile de récupérer un chien en pleine séquence de prédation (je pense ici aux chats de nos voisinages notamment).
Si une perte de contrôle peut survenir, c’est d’abord et avant tout une leçon dont il faut tirer les enseignements : par exemple, si mon chien a présenté un rappel mou face à un joggeur lors de notre dernière promenade. S’il a été jusqu’à accéder au coureur, je mets tout en œuvre pour récupérer mon chien dans les plus brefs délais et présente mes excuses auprès de la personne pour la gêne occasionnée. Et plutôt que de s’en mordre les doigts trop longtemps, on peut l’envisager comme une opportunité d’apprentissage : Médor doit retravailler ce scénario avec calme et sérénité afin qu’à l’avenir cela ne se reproduise pas.
L’éducation de nos chiens est parfois un travail de longue haleine, c’est d’ailleurs une grande partie de ce qui fait l’intérêt de ces relations inter espèces. Mais pendant que nos chiens apprennent c’est au maître qu’incombe la responsabilité de sécuriser son animal et, avec, son environnement direct.
Afin que tous puissent profiter de ces beaux jours sereinement, pensons à prendre les mesures nécessaires.
Retrouvez l’arrêté du maire






